dimanche 5 octobre 2008

Petite visite pas guider

Déjà trois semaines dans cette ville et toujours pas un mot sur elle. Comment parler de Tanger ? C’est avant tout une ville de rencontre : un trait d’union entre deux continents, un endroit où se mêle l’Atlantique et la Méditerranée. Mais c’est aussi un formidable brassage culturel. Des phéniciens jusqu’à l’époque interzone (Dans les années 60 Tanger était zone internationale et elle était rempli de bandits, de trafiquants et d’artistes recherchant la jolie lumière du lieu et surtout le bon kif du Rif…), la ville garde des stigmates de tous les peuples qui s’y sont ancrés.
Aujourd’hui, les braises de ce passé mythique sont un peu froides et la position d’avant poste africain de la ville se remarque surtout par des faits plus révoltants. La chasse à l’émigration clandestine tout d’abord (et oui, chacun sont combat, chez nous on les chasse, ici on les oblige a rester). Les enfants des rues qui, n’ayant plus rien à perdre, se ruent sur les camions en partance pour l’Espagne dans l’espoir de s’y agripper et d’y trouver une cachette d’où la police aura tôt fait de les déloger. Le fait aussi que la ville devient l’arrière cour industrielle de l’Europe, Ce serait dommage de garder tous ces trucs dégueulasse chez nous quand ça peu faire le bonheur des voisins...
Dès qu’on sort un peu du centre, Tanger devient un étrange endroit où l’urbanisation rencontre la campagne de façon assez surprenante. En effet, les deux ou trois derniers kilomètres de notre parcours vers la ferme pédagogique de Darna ne sont qu’une forêt de grues. Celle-ci enfouissent la campagne sous des ribambelle de petits immeubles qui ont trois murs aveugles sur quatre. Mais aux pieds de ces innombrables chantiers, il n’est pas rare de voir encore un enclos de moutons, une basse-cour ou un âne dans une petite pâture. Comme si la ville hésitait encore un peu ou que, pour faire face à l’exode rurale, elle s’installait directement à la campagne…

Heureusement l'Aïd Kbir approche


Ca c'est une vue des travaux qui encerclent la ferme de Darna

Au centre il y a bien sur l'inévitable Médina, fourmillière grouillante dont personne n'a le plan. D'ailleurs je soupçonne que les cartographes sensés le réaliser ont fini fou après s'être perdus dans les ruelles à moins qu'ils n'y tournent toujours... Autour de cet imbroglio urbanistique, la nouvelle ville, où plutôt l'ancienne ville coloniale est bâtie sur la même (absence de) plan. Tout ça pour dire que je suis pas encore tout a fait mûr pour faire le faux guide, mais j'y travaille, dès qu'il y a une petite amélioration je vous préviens.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Bon, alors rein de plus? non, je déconne, on veux juste savoir si tout va bien.
Gros becs du trio toulousain MCB