mardi 4 novembre 2008

Instabilité routiniaire...

Nos petites vies à Tanger s'organisent tout doucement. Nos ateliers ont à peu près lieu normalement (surtout quand Allah nous envoie pas son déluge du vendredi).



Sur la route entre chez nous et la Maison Communautaire des Jeunes. Quand les rues se transforment en torrent, l'atelier photo devient une séance d'écopage

Je m'occupe donc du L'Abo photo (l'orthographe d'ici me rappelle vaguement la mienne) avec Abdelghani et d'un atelier de réparation de vélo à la ferme de Darna. Les gamins sont super motivés, pour réparer tout un tas de vélos qu'ils s'empressent de massacrer pour revenir les réparer (ça n'est pas très décroissantiste, mais il n'y a pas un stock de vélo énorme alors je fait ce que je peux). J'ai toujours un petit flip de les laisser avec un tube de colle à rustine dans les mains (la peur de devenir le dealer de la ferme) mais ils s'en sortent très bien même si les vélos sont dans un état... proche de l'Ohio. L'atelier photo ne fonctionne pas aussi bien, déjà plein de séances ont sauté: des déluges, des jours fériés, la maison des jeunes fermée... Le refuge est aussi moins structurant que la ferme pour les enfants, mais ça c'est une longue histoire... Du coup le groupe d'enfants n'est pas stable ce qui ne facilite pas la tâche. Mais de photogrammes en sténopés l'atelier avance lentement et nous allons prendre nos premières photos jeudi (Inch' allah) et peut être commencer une expo photo. En attendant il vaut mieux aller voir celle de PaPoU pour ceux qui habitent Toulouse:


Je sais l'affiche est illisible, l'auteur est un peu chiche sur la qualité de l'image mais c'est au Café "le Saint Jérôme" (21, rue Saint Antoine du T) du lundi 17 Novembre au Mercredi 17 décembre.

Sinon nous avons déménagé de notre maison près de la Kasba pour un petit palais en bas de la Médina avec vue sur le port, des petits problèmes de coloc' ont vite été résolus quand Ornella
nous a proposé de squatter chez elle.

dimanche 5 octobre 2008

Petite visite pas guider

Déjà trois semaines dans cette ville et toujours pas un mot sur elle. Comment parler de Tanger ? C’est avant tout une ville de rencontre : un trait d’union entre deux continents, un endroit où se mêle l’Atlantique et la Méditerranée. Mais c’est aussi un formidable brassage culturel. Des phéniciens jusqu’à l’époque interzone (Dans les années 60 Tanger était zone internationale et elle était rempli de bandits, de trafiquants et d’artistes recherchant la jolie lumière du lieu et surtout le bon kif du Rif…), la ville garde des stigmates de tous les peuples qui s’y sont ancrés.
Aujourd’hui, les braises de ce passé mythique sont un peu froides et la position d’avant poste africain de la ville se remarque surtout par des faits plus révoltants. La chasse à l’émigration clandestine tout d’abord (et oui, chacun sont combat, chez nous on les chasse, ici on les oblige a rester). Les enfants des rues qui, n’ayant plus rien à perdre, se ruent sur les camions en partance pour l’Espagne dans l’espoir de s’y agripper et d’y trouver une cachette d’où la police aura tôt fait de les déloger. Le fait aussi que la ville devient l’arrière cour industrielle de l’Europe, Ce serait dommage de garder tous ces trucs dégueulasse chez nous quand ça peu faire le bonheur des voisins...
Dès qu’on sort un peu du centre, Tanger devient un étrange endroit où l’urbanisation rencontre la campagne de façon assez surprenante. En effet, les deux ou trois derniers kilomètres de notre parcours vers la ferme pédagogique de Darna ne sont qu’une forêt de grues. Celle-ci enfouissent la campagne sous des ribambelle de petits immeubles qui ont trois murs aveugles sur quatre. Mais aux pieds de ces innombrables chantiers, il n’est pas rare de voir encore un enclos de moutons, une basse-cour ou un âne dans une petite pâture. Comme si la ville hésitait encore un peu ou que, pour faire face à l’exode rurale, elle s’installait directement à la campagne…

Heureusement l'Aïd Kbir approche


Ca c'est une vue des travaux qui encerclent la ferme de Darna

Au centre il y a bien sur l'inévitable Médina, fourmillière grouillante dont personne n'a le plan. D'ailleurs je soupçonne que les cartographes sensés le réaliser ont fini fou après s'être perdus dans les ruelles à moins qu'ils n'y tournent toujours... Autour de cet imbroglio urbanistique, la nouvelle ville, où plutôt l'ancienne ville coloniale est bâtie sur la même (absence de) plan. Tout ça pour dire que je suis pas encore tout a fait mûr pour faire le faux guide, mais j'y travaille, dès qu'il y a une petite amélioration je vous préviens.

samedi 4 octobre 2008

Tanger c'est tangible!

Salaam alaikoum

Enfin la suite ! Amaury avait bien commencé, mais j’ai mis du temps à suivre, ceux qui connaissent mon génie et ma patience avec l’outil informatique comprendront !

Donc nous sommes finalement parvenus de l’autre côté de la Méditerranée, après avoir maintes fois posées nos valises pour quelques escales amicales et très enrichissantes que nous ne regrettons pas. Je sens que beaucoup vont rire : Tanger va elle-même nous accueillir jusqu’au mois de janvier !
L’association Darna, qui s’occupe des enfants des rues (ils sont légions à venir s’échouer ici aux portes de l’Europe dans l’espoir d’un hypothétique « passage » qui leur coûte parfois la vie…) et des enfants en situation précaire (problèmes familiaux et abus de toutes sortes…), nous a ouvert ses portes. Nous y avons rencontré des gens très motivés, très accueillants et dont l’esprit fourmille d’idées toutes plus intéressantes les unes que les autres !
Tanger elle-même est une ville en effervescence, ville frontière source de toutes les envies, lieu de tous les mélanges. Il suffit souvent de tourner la tête pour apercevoir la mer et surtout la côte espagnole, terre promise, mirage fantasmatique. Si l’on discute avec les jeunes d’ici (ils représentent plus de 60 % de la population marocaine !) qu’ils soient des rues ou de milieux aisés, beaucoup ne rêvent que d’une chose : partir « en face ». Pourtant certains sont au courant des difficultés une fois là-bas et ont entendu parler du durcissement des lois sur l’immigration ; la plupart ont, qui un frère, qui un cousin ayant « réussi » à passer, certains sont revenus manu militari, d’autres ont perdu un être cher, rejeté un matin sur la plage… Mais rien n’y fait. Là-bas les attend forcément une vie meilleure, le monde de tous les possibles…
Je pense que nous provoquons chez nos interlocuteurs des sentiments diverses, l’envie de s’enrichir mutuellement, l’attente de nouvelles solutions ou idées, mais aussi, probablement, l’incompréhension quant à ce qui motive notre départ de ce pays où beaucoup rêvent d’aller ! Bien sûr l’altérité engendre autant de questions que de méfiance : sommes nous venus donner des leçons, sommes nous de jeunes gens riches et désoeuvrés venus se frotter à la misère des autres pour donner un sens à notre vie et s’acheter une bonne conscience ? Tout cela fait partie de mes ressentis, les choses ne sont pas posées aussi clairement et les échanges agissent parfois comme un miroir de nos propres interrogations.
Ici la rencontre de l’autre se fait selon d’autres règles, parfois par d’étranges circonvolutions, le langage est souvent fleuri, poétique, très symbolique en tout cas, je me perds parfois dans le sens et doit réfréner mon impatience, difficile parfois d’avoir une réponse claire et nette, autre lieu, autres mœurs !. Surtout que nous sommes en plein ramadan, la vie est inversée : au ralenti le jour, en ébullition la nuit. A la tranquillité du début de journée succède une montée croissante de la nervosité et de la fatigue, jusqu’à la violence qui éclate souvent en fin de journée, juste avant l’iftâr, la rupture du jeune au coucher du soleil. Alors tout ferme, tout s’arrête pour aller manger, les gens se promènent dans les rues avec la harira ( la soupe) ou les gâteaux du ramadan pour aller dans la famille, avec les amis ; attablés dans les restos chacun attend l’Allah Akhbar (j’suis pas bien sûr que çà s’écrive comme çà !) du muezzin pour tremper sa cuillère, étrange moment de communion. Ensuite il y a une sorte de pause, une sieste digestive avant le grand festin et l’animation qui dure pour certains jusqu’à 4 ou 5 h du mat’ ! Les autres vont se coucher et sont réveillés par la ney (flûte) et le tambour qui parcourent les rues vers 3h avant que le muezzin ne lance son appel pour le dernier repas et la dernière prière avant le lever du soleil. Tous les horaires de la journée sont bouleversés, travail, commerce, musée. Ne surtout pas faire ses courses vers 17h, surtout quand on ne sait pas comment demander au boucher ce que l’on veut, sinon 15 personnes vous passent allègrement devant pour leurs propres courses ! Curieuse sensation de transparence et de solitude au milieu de la foule… Pour les attrape touristes nous sommes par contre plus que visibles, et il est parfois pénible de se voir proposer du « chocolat » tous les 2 mètres ou une visite de la Kasbah par un faux guide qui essaiera de vous soutirer un maximum de fric en passant par diverses étapes : l’attendrissement, la culpabilité quant à sa situation, la colère enfin, avec quelques insultes type le racisme des français ! Si vous avez une impression de vécu, c’est normal ! On y est passé le premier soir de notre arrivée ! En dehors de çà nous travaillons avec des gens très intéressants, je suis pour l’instant lancée sur un atelier peinture avec les enfants et bientôt sur la sculpture en terre. Amaury a débuté avec moi mais a maintenant rejoint Oliver, jeune réalisateur espagnol, pour un projet de film avec les enfants de Darna et un atelier photo. Il vous expliquera tout çà bien mieux que moi !





Vous l’aurez compris cette ville nous a charmé et nous avons plein de projets pour ces trois mois. Nous nous sommes donc installés en colocation dans une jolie maison avec Cédric (jeune français travaillant dans une entreprise d’électricité marocaine), Alexis (jeune franco-espagnol entre année sabbatique et études d’histoire par correspondance) et Oliver (jeune réalisateur espagnol travaillant avec la coopération espagnole et la cinémathèque de Tanger, et cousin d’Alexis), présentation un peu réductrice de nos colocs mais nous ne les connaissons pas encore très bien !

La suite au prochain épisode !
Je rends la connexion.
Vous regardez trop internet !

Bslâma


Marie


PS : Mon numéro tel marocain au cas où 014569582 je crois qu’il faut faire précéder de 0212 et l’adresse de la maison 5 Rue 3 Ben Aliem 90000 Tanger.

mercredi 17 septembre 2008

Toulouse - Tanger, voyage sans (trop) d'histoire

Bon il va bien falloir s'y mettre à ce Blog. Nous avons déjà un mois de retard sur nos petites aventures donc je vais pas mal résumer.

Tout commence par une course en Vélouse dans l'espoir d'avoir notre train. On a tellement de poid dans nos sac qu'on titube comme deux joyeux ivrognes matinaux. Là, surprise, on en croise un troisième. Mathou rentre de soirée et nous propose de nous accompagner jusqu'à la gare. On saute dans sa voiture, enfin si on peux parler de saut quand il nous faut cinq bonnes minutes pour caser tout notre fratra; pour le stop on a interret à trouver un truc style semi-remorque ou convoi exeptionnel... Nous arrivons finalement avec près de dix minutes d'avance, une grande première dans notre histoire ferrovière commune, normalement on rate toujours un ou deux trains avent d'être à la bourre pour le suivant.

Nous voici donc en route pour Lannemezan ou Titi doit nous attendre. Mais son alternateur n'est pas du tout de cet avis et nous attendons donc un petit moment devant la gare la plus glauque de l'histoire - genre parking bombardé - avant de découvrir le chantier écoparticipatif de Pierlo et Sandrine. Ils construisent une maison en paille à Plaa Debat, perdu dans Les Barronies avec tout un tas de gens passionnant. Il faut rappeler qu'après avoir près de deux ans de retard sur mon départ, j'avais un peu envis de bacler nos adieux avec Titi, "On dit au revoir et on s'en va", mais une fois avoir vu le lieu, les gens et empiler deux ou trois bottes j'étais déjà beaucoup moins convaincu. De coups de scie en soirées étoiles, de grands débats en bachage d'urgence et de compromis en gateau à la noix de coco on a quand même réussi à rester trois semaines dans ce petit coin de paradis. Un complot horrible nous a fait rater le montage de la charpente mais les termites nous vange, rendez vous dans un an Pierlo, quand tout ce tas de bois ne pourras plus servir qu'aux toilettes sèches.

Mais j'entend déjà les mauvaises langues qui croniquent sur l'aspect très Pyrénéen que prend notre ballade Africaine. J'y viens donc puisque, non sans regret, nous nous sommes laisser trainer par Bertran sur la nationale qui file vers l'Espagne. Nous voila donc avec notre panneau ridicule et nos trois metres cube de sac à tenter d'émouvoire l'automobiliste avec autant d'espoir qu'une moule planchant sur un exercice d'isométrie. Mais voila que Géni, une nana bien sympas qui bosse dans un office du tourisme du coin, débarque de nulle part et nous propose de faire un détour vers l'Espagne une trentaine de bornes au début. Le problème c'est que dans le premier bled qu'on rencontre le service de bus commence à 6h du mat' avec une fréquention de un toutes les 24h. Géni se découvre soudain unes passion pour la Sierra de Guara et décide que puisqu'elle en est là, elle n'a qu'à visiter ses jolis canyons qu'elle conseil à ses touristes et nous déposer à Barbastro où il y aura forcement un bus. 150km plus loin nous voila donc dans un bus en direction de Zaragoza puis un autre pour Madrid.
Là, pour ne surtout pas s'arreter, on fait une petite promenade nocturne dans la ville pour trouver un squat et dormir dehors, mais on ne rencontre qu'une tripotée d'Ivrogne dont deux, particulièrement gratiné, qui tente de nous sensibiliser au flamenco après s'être écroulés sur notre table. On se rend vite compte que dormir la nuit en Espagne c'est complètement has been. Tant pis pour le camping sauvage, on saute dans le premier bus de la journée pour faire un gros dodo et se retrouver à Algeciras. Une petite pensée pour Papou, Johanna, Mika et Tibo face à ces jolis parkings et nous voila dans le bateau direction Tanger. A bord on nous pris gentiment de faire la queue pour avoir un visa. Ca m'emmerde pas mal parce que j'ai bien envis de prendre des photos du soleil couchant sur ce magnifique port, je peste, je rage et au moment ou le soleil à disparu, notre douanier nous explique qu'il va manger et se casse. C'est à ce moment précis où l'on réalise qu'on débarque en plein Ramadan et qu'on décide de se goinfrer de jambon avant de débarquer...

lundi 11 août 2008

bon bah on part pas

apres moult reports, il faut bien se rendre à l'évidence, l'Afrique n'est qu'un reve, une chimère a laquelle nous nous sommes accrochés sans vraiment savoir pourquoi. Nombre d'entre vous y ont crus, d'autres ont fini par se lasser ( on les comprend ) et c'est avec beaucoup de regrets que nous devons vous annoncer la fin de ce projet qui n'aura en fait jamais commencer. A bientot, pour ceux qu'un tel revers n'aura pas décourager de nous fréquenter.
Amaury et Marie