jeudi 26 février 2009

Ciao l'artiste!

Il y a quelques jours, je ne sais plus très bien quand, Amaury farfouillait dans son portefeuille de Mary Poppins (comprendre "aux profondeurs abyssales et au contenu antédiluvien"...), quand je l'ai vu saisir un petit bout de papier et lire ce qui y était écrit, avant de retomber lourdement assis sur la première chaise venue, le regard perdu dans le vague, un air hagard sur le visage. Avant même de lui poser la question, je savais confusément ce qu'il devait y avoir sur ce petit carré blanc: l'adresse manuscrite de Denis.
Denis...!
Nous avons rencontré ce sacré bonhomme sur le chantier de construction maison-paille de Pierlo, Sandrine, Jules et Marion, dans les Pyrénées. Nous avons rapidement sympathisé avec ce truculent personnage, parlant haut et fort, parfois pour rire, parfois pour pester (grand râleur!), toujours pour faire réagir l'autre, le bousculer un peu et mettre à l'épreuve ses propres "certitudes".
Derrière le rire et le bon vivant, s'est vite révélé un homme en quête, un homme en questionnement, comme beaucoup d'entre nous... encore plus que la plupart. Un homme s'interrogeant sur son avenir, son passé, ses choix, ses actes, ses envies, et avide d'échanger avec l'autre, de se confronter à lui. Un être que l'on a croisé seulement quelques jours, assez pour se donner rendez vous à notre retour pour échanger encore, voire construire quelque chose ensemble, assez pour se reconnaître d'une même "famille". Un être fragile cachant ses nombreux doutes et ses quelques failles derrière une forte voix, pour mieux les dévoiler ensuite au détour de la discussion, mine de rien, comico-tragiquement...
Nous ne reverrons pas Denis à notre retour, parce qu'il a tiré sa révérence.
Nous avons appris la nouvelle fin novembre, en ouvrant la boite mail. Il y avait deux messages, titrant Denis. Une part de nous ne voulait pas les ouvrir, comme si la quasi certaine mauvaise nouvelle qu'ils pouvaient contenir allait ainsi être annihilée! La cérémonie avait lieu le jour même, nous n'avons pas eu le temps alors d'envoyer un message à son frère Xavier, pas la "force" non plus, difficultés à digérer la nouvelle...refus de l'accepter.
Aujourd'hui, quelques mois ont passés, peu de temps pour la tristesse, beaucoup pour la vie qui passe malgré tout, malgré nous, et Denis, son écriture, réapparaît dans notre vie, un peu comme pour dire que maintenant il est peut être temps, possible, de parler de lui si nous en avons envie.
Alors voilà!
Denis, c'est ce petit bout de papier donner à deux êtres croisés quelques jours, pour continuer plus tard la discussion et peut être faire un petit bout de chemin ensemble.
Denis c'est la force et la fragilité, les contradictions et les doutes qui habitent beaucoup d'entre nous, poussés un peu plus à l'extrême.
Denis, pour nous deux, c'est un peu comme une comète ou une étoile filante, vite aperçue, jamais revue, inoubliable!
De toi, nous emmenons dans nos valises ce que tu as voulu partager avec nous: ce désir de connaître l'autre, cette curiosité enthousiaste presqu' enfantine, cet humour décapant parfois grinçant ou provocateur, ce désir d'apprendre et d'échanger.
Et quand, dans l'immensité et la beauté des paysages que nous traversons, lorsque le soleil disparaît à l'horizon et que la nuit s'allume, nous devenons quasi mystiques; nous admirons les étoiles (jamais vu autant, j'te jure! des milliards et des milliards!) et pensons à toi, à cette nuit sous les astres pyrénéens, tous allongés sur le trampoline de Plaa Debat, à se peler les miches et doucement s'humidifier en plein mois d'août... et à réinventer les constellations (de manière plus ou moins scientifique), guidés par la lampe intersidérale de Pierlo!
Bienvenue dans "nos étoiles",
Ciao l'Artiste!


lundi 23 février 2009

Mais tout va bien dans le meilleur des mondes possibles

Drôle d'impression que de visiter ce fort de Médine. Dressé sur une berge du Sénégal, construit par les français comme élément de la chaîne de défense établie le long du fleuve, il était aussi une prison, dernière étape pour les combattants indépendantistes qui avaient le malheur de se faire capturer avant d'être vendus comme esclaves et acheminés par bateau en Mauritanie notamment.

Reconstitution historique entre le fort de Médine et un marché (aux légumes!)

Ce bâtiment vient d'être remis à neuf à grand fr
ais (450 millions de Fcfa soit 686 000 €). Si l'on peut s'interroger sur l'importance d'un tel chantier dans un pays où 1/3 des habitants souffre de malnutrition, 90% vit avec moins de 2$ par jour et seul 19% des adultes sont alphabétisés, j'imagine déjà les réponses: Le devoir de mémoire! L'horreur historique mise en exergue pour qu'elle ne se reproduise plus... Alors rénovons! Construisons des monuments pour les victimes du colonialisme, que la société exploitant le chemin de fer érige des statues à la mémoire des travailleurs forcés du rail! Le Mali, pointé du doigt par Anti-Slavery International en a bien besoin puisque l'association Temedt estime que 7000 personnes sont victimes d'esclavage dans la seule région de Gao (source AFP).

Mais peut-être pouvons nous anticiper l'Histoire. Quel monument allons nous construire aux victimes des Programmes d'Ajustements Structurels du FMI et de la Banque Mondiale? A tous ces travailleurs licenciés (il paraît qu'on dit décrutés maintenant, c'est plus politiquement correct) après que les Etats du sud aient été contraints par leurs "créditeurs éternel" à mettre à sac leurs services publics (Santé et Education notamment, pas vraiment des trucs qu'il y a en trop ici) pour privatiser à tout va. Aux habitants des bidons-villes qui ne peuvent plus rien attendre de leurs gouvernement puisqu'au dessus, on a décidé d'exclure toute politique interventionniste. Quelle statue sculpter aux victimes du néo-colonialolibéralime? Aux couturières sous payées de la zone franche de Tanger qui travaillent pour la haute couture (le cousu main à un prix mais l'argent ne semble pas aller dans à celles qui tiennent l'aiguille). Même les accords de Kyoto semblent nuisibles quand on voit Lafarge installer une cimenterie (par définition énormément émettrice de CO2) dans cette même zone franche (pourquoi payer des impôts?) pour que le ciment soi finalement exporté chez nous en camion. Certes la France émet dès lors moins de CO2, espérons que le réchauffement climatique saura s'arrêter à la frontière... Gravons aussi quelques petites plaques commémoratives pour dédommager les peuples que des gouvernements corrompus spolient et nous aurons de quoi décorer une bonne tripotée de rond-point!


Si la Mauritanie m'était contée...

La Mauritanie est un très grand pays, aux paysages grandioses, et au passé prestigieux et mouvementé.
Nous n'y avons passé que 15 jours, trop peu pour en saisir toute la richesse et la complexité, assez pour y avoir fait de belles découvertes et vécu de jolies rencontres que je vais tenter de vous raconter.
En tout il devrait y avoir 4 ou 5 Livres résumant nos aventures mauritaniennes, mais sachant ma rapidité à écrire un poste, ils seront certainement tout perdus au milieu de ceux d'Amaury, qui continue vaillamment d'alimenter le blog!
Bon courage donc pour la lecture, aux braves qui continuent de se connecter pour vérifier que nous sommes toujours de ce monde!

Livre 1: Saint Luc, Saint Jan et Saint Eric au Désert




Le 1er jour, Dieu, plein de bonne volonté, créa l'oeuf...euh... non,
alluma la Lumière et se mit au boulot!






Au commencement il y eût le désert et la piste avec nos compagnons belges Jan, Eric et Luc. Trois joyeux lurons partis pour un road trip en jeep jusqu'à l'antique et légendaire cité de Tombouctou.



St Eric, St Luc et St Jan.
Orange Team Spirit.





Trois jours et trois nuits dans l'immensité et le silence (sauf quand il faut faire marcher le 4x4!): à contempler un paysage toujours changeant, où les déserts de pierres noires (basalte, restes d'activité volcanique) succèdent aux dunes blanches ou orangées,



spéciale dédicace à missié météo,
il est ti pas beau c'nuage, sakaoulé!





On est peu d'chose comme dirait mon "vénérable" père!


à se sentir minuscule, aussi infime que ces milliards de grains de sable qui s'infiltrent partout et vous collent à la peau, aussi fragile que les maigres plantes qui poussent ici comme un miracle, et pourtant bien là, bien ancré, une partie de ce tout. Ici on a la sensation étrange d'être à sa place, d'être non pas réduit, mais recentré sur l'essentiel. Pas étonnant que certains ermites soient partis au désert pour que leur soient révélés les secrets de ce monde et de l'autre s'il en est un! Il est à la fois un rappel des limites physiques par sa dureté et son immensité et en même temps une invitation à les dépasser, les transcender , une porte ouverte sur une quête intérieure (qu'on la dise mystique, spirituelle ou quoi que ce soit d'autre) rendue possible et magnifiée par une écrasante et reposante impression de solitude. Les mots viennent rapidement à manquer dans le désert parce qu'ils deviennent inutiles ou trop étroits, vous devenez sensations physiques, celle de la chaleur, de la route tantôt douce tantôt dure, de la soif, de la poussière, et puis votre esprit divague, sans qu'il soit même possible parfois de dire où il s'est enfui!




traces de vie...


...!





Les rencontres prennent des allures de mirages: les rapaces qui apparaissent et s'en vont on ne sait où, le bédouin sur son chameau, au port altier et au visage énigmatique sous les voiles, saluant, sans ralentir ni presser le pas.







La réalité fait aussi brutalement son retour lors des contrôles de douanes, présence régulière de l'armée, de la police, d'hommes armés...et puis les arrêts rapides dans les villages ou les campements nomades, où les évangélistes belges distribuent vêtements, crayons, peluches, lunettes à des petites hordes d'enfants et de femmes qui répètent en leitmotiv: cadeau, cadeau, cadeau..., en regrettant que le Paris-Dakar ait dénaturé le rapport avec les populations locales... Complexité et contradictions des êtres humains!



Petite fille nomade




Le tableau ne serait pas complet si je ne vous parlais pas de nos bivouacs épiques, à boire vin, wisky et pastis dans des verres à pied ( nos compagnons belges sont gens prévoyants et sachant vivre!) pour alléger les jeeps ( certes le plein était plus efficace!), à déguster de savoureuses crêpes concoctées par Luc et à s'endormir tranquillement sous un ciel étoilé comme un planétarium, après une bonne soirée blagues ( Eric est champion en la matière, je vous en promets quelques unes bien gratinées à notre retour, car je ne peux décemment pas les écrire sur ce blog...)!





Au bout de quelques jours d'internet pour pondre ce p... de poste, Dieu fut fatiguée et décida de déconnecter.
Elle éteignît la Lumière!





samedi 21 février 2009

Kawa amer bien serré

séance de rattrapage n°2


Casablanca, gare CTM, 6h30, "joujkawakahla et un pain au chocolat afak"*.
Silence morne du petit matin sur la salle d’embarquement encore endormie et Al Jazeera sur les deux écrans. Une femme, probablement palestinienne, parle vite et fort en arabe, pas d’images horribles en boucle comme ces deux dernières semaines, juste cette femme dont je ne comprends pas les mots, mais dont je ressens et reçois la colère, la violence. Logorrhée verbale. J’aimerais comprendre ce qu’elle vomit avec tant de force, je ne peux que l’imaginer. Alors je reste assis à cette table, entourée de marocains, et comme eux le regard rivé à l’écran, sourde au sens de cette langue que je ne connais pas, le cœur au bord des lèvres au souvenir des images cauchemardesques des derniers jours, transpercée par la colère de cette femme et de toute une communauté, révoltée par la barbarie aveugle et inhumaine d’une nation qui a pourtant subie le pire, atterrée par les déclarations des dirigeants internationaux et par leurs actes. Une sensation persistante et de plus en plus envahissante de malaise monte en moi. Je me demande ce que les gens autour de moi pensent de nous deux, avec nos gros sacs et nos deux têtes de gaouri. J’ai peur de l’avenir et de la radicalisation des gens qui ne manquera pas d’arrivée devant tant d’injustices réelles ou supposées. Que font Israël et le monde occidental, relayé par une partie du "monde arabo-musulman", sinon pousser un peu plus sûrement une nouvelle génération dans les bras des fondamentalistes ? Combien de vocations kamikazes naissent à la seconde dans ce territoire de l’horreur et ailleurs, sacrifiées sur l’autel d’intérêts les dépassant totalement? Qui orchestre ce scénario catastrophe dont les conséquences seront une fois de plus dramatiques et inexorables ? A qui profite le crime…
Assise sur ma chaise, dans ce café, dans cette ville, je me sens impuissante, insignifiante, et mal à l’aise, presque coupable alors que je n’y suis pour rien. Mes yeux sont secs et mon cœur saigne devant l’inacceptable que certains cautionnent. Je n’ai quasiment plus d’espoir en l’homme, lui qui aurait pourtant les capacités du meilleur, mais ne semble trouver de ressources et rivaliser d’ingéniosité que pour le pire. Tout cela pour le pouvoir et la richesse d’une poignée de crétins azimutés dans le monde ! Quand cesseront nous d’être des moutons au service des intérêts d’un petit nombre d’individus qui n’hésitent pas à jouer la vie et le devenir de milliers d’autres, comme on jette les jetons dans une partie de poker ?
Il est 6h50, le bus va bientôt partir pour Essaouira. Je n’ai pas bu mon café, estomac serré. Les haut-parleurs appellent les voyageurs. J’ai froid. Je bois mon café très vite, me brûle la gorge, quelques "larmes" de douleur. J’attrape mon sac et je me lève en essayant de me faire la plus discrète possible. Je me sens toute petite, j’aimerais être transparente, invisible. J’ai « honte » d’être française et d’appartenir à un peuple si fier de ses « révolutions » et dont plus de 50% a mis sur le trône un imbécile opportuniste à tendance fascisante. J’aimerais me réveiller pour m’apercevoir que tout ceci n’est qu’un mauvais rêve.
Je me dirige vers le bus, bien réveillée, silencieuse, en me demandant ce qu’il nous est possible de faire en tant qu’individu lambda, ne faisant pas partie de la nomenklatura des bouchers, pour forcer les « grands » de ce monde à écouter et respecter la souveraineté de ceux qui les ont élus, démocratiquement ou non.
A condition, bien sûr, que chacun, et tous ensemble, nous nous réappropriions et utilisions cette souveraineté…(avec mes envolées "colyriques" je mets à rude épreuve mes capacités rédactionnelles surtout pour les conjugaisons, mille excuse pour les puristes !)


« […] Mesdames et Messieurs qui êtes terrorisés par la « montée de l’islamisme », sachez que c’est la lâcheté face à la barbarie qui a toujours été la voie ouverte à sa réplique en miroir. »
Sion Assidon, (industriel juif marocain, signataire d’une pétition pour l’embargo contre Israël comme pour l’Afrique du Sud durant l’apartheid) dans La Gazette du Maroc, janvier 2009.


* Deux cafés noirs et une chocolatine s'il vous plait

dimanche 15 février 2009

Problème de robinet à Essaouira

Séance de ratrappage n°1

Nous devons bien être à 2500 bornes d'Essaouira mais comme avant de parler du Mali j'en étais arrivé à Casablanca, continuons comme si de rien n'était. Prévoyez quand même deux ou trois boîtes d'aspirine si vous avez toujours l'intention de comprendre quelque chose à la chronologie de ce voyage.

Vue de la terrasse de l'hôtel


Nous débarquons dans le Saint-Malo Marocain avec la ferme intention de se poser tranquille. De lire, d'écrire et de faire un peu le bilan de ces cinq mois Tangerois... Le temps est pourri ça tombe bien, nous nous promenons entre les gouttes à la recherche d'un endroit calme pour arriver à nos fin. Au détour d'une ruelle nous trouvons l'endroit rêvé: le salon de thé Elfarane. A l'étage, quatre français ont établis leur QG et discute avec Simo, le gérant des lieux. Nous nous trouvons une petite place et, au bout d'une page et demi de lecture, nous lions connaissance. Goul, Ophélie, Jean-Phi et Diane nous acceptent vite dans leur bande et nous emménageons avec eux dès le lendemain. Jean-Phi est passionné par les énergies alternatives (il fait d'ailleurs partie de l'asso La Cabane qui vaut le détour) et après avoir discuté longuement, nous nous donnons rendez vous le lendemain pour fabriquer un bélier hydraulique.

Mais qu'est-ce que c'est que cette bête là, me direz vous! Et bien c'est sûrement l'Invention du XVIIIème siècle, on la doit à Joseph De Mongolfier et ça permet de remonter de l'eau grace à la force... de l'eau. Il faut une chute d'eau (au moins un mètre) et le bélier remonte jusqu'à 10 fois la hauteur de chute (bon, je vais pas tout expliquer je sens que certains sont moins enthousiastes que moi, pour ceux que ça interresse, allez voir ici ou ...).
Nous voilà donc partis tous deux, de bon matin à la recherche de bouts de tuyaux et de divers éléments de plomberie. Une fois le matériel rassemblé nous cherchons un artisant capable de nous aider à ouvrir une crépine, puis un autre pour tarauder, nous allons aussi voir des ferrailleurs, recherchant un réservoir dans un immense fourbis où les tas d'objets fond deux fois ma taille. Notre bélier prêt à fonctionner, nous le testons dans la salle de bain, avant de s'attaquer à un grand projet de barrage sur l'Oued qui coule par là, afin qu'il en remonte les eaux boueuses.



La bestiole en action...


...Pour des résultats à parfaire un peu!

De bon matin, nous faisons un petit tour au "super-marché Berbere", un gigantesque marché accolé à une foire aux bestiaux, qui à lieu dans un village voisin. Nous avons du mal à expliquer à un vendeur d'âne que nous pataugeons dans la boue pour le plaisir et que nous ne voulons pas de sa bête. De toute façon, le cours de la bourrique dépend de la météo et il flambe quand il pleut donc c'est pas du tout le moment d'acheter vu le temps merdique qu'il y a en ce moment, et en plus, personne ne se sent de frapper sur ces pauvres bêtes, comme il est de rigeur ici, pour les faire avancer. C'est donc sans âne que nous repartons, non sans avoir admiré l'ascenseur à bestiaux local:
Le camion à bestiaux doubler-decker, parce qu'il n'y a pas
de raison que les vaches ne profitent pas du paysage
Le lendemain, Simo nous emmène faire un petit barbec sur une dune qui surplombe un méandre de la rivière. Si le poulet nous retarde un peu, nous ne pouvons manquer l'occasion de tester une seconde fois notre bélier, avec une vraie chute d'eau ce coup ci et un peu plus de débit à l'arrivé du coup.
Mais la parenthèse Essaouirienne se referme déjà, nos nouveaux potes doivent prendre leur avion (même s'ils ne l'aurons pas tous...) et la Mauritanie nous tend les bras. Après des adieux éclairs (étrangement, ici aussi on est en retard...) nous sautons dans le bus direction Dakhla, même s'il n'a qu'un seul étage!

mardi 10 février 2009

En remontant le fleuve

Ca y est, nous sommes au Mali (je sais, de Casa à Kayes nous avons vécu deux ou trois trucs dont on ne vous a pas parlé mais j'avais envie de réagir à chaud pour une fois)! Nous sommes donc arrivés au terme de notre croisière de deux jours sur une pirogue reliant Bakel (Sénégal) à Kayes (Mali). Deux jours paradisiaques à voguer tranquillement sur les eaux du fleuve Sénégal, au milieu d'un tas d'oiseaux magnifiques. De temps à autre, la pirogue faisait escale près d'un village pour y faire descendre quelqu'un, y livrer du riz essentiellement mais aussi différents matériaux de construction ou simplement s'arrêter pour la nuit. Cela nous permettait d'observer le dur labeur des femmes: arrosage des plantations, lessive, toilette des enfants ou personnelle, vaisselle ou bien encore corvée d'eau, au petit matin, avant que le soleil ne transforme la vallée en fournaise. Bon, on a quand même vu des hommes bosser, ils travaillent dans les champs, pèchent, traversent en pirogue, extraient le sable du fond du fleuve pour la construction ou nettoient leurs motos... Et puis peut être plein d'autres trucs que les falaises, creusées pendant les crues, nous ont cachées.

Il y a des matins comme ça, on a envie de sortir du duvet...

Par contre Marie a complètement foiré sa corvée d'eau du matin, ce qui nous a valu de déguster l'eau du fleuve (merci Aquatab's) pour éviter l'assèchement total. Ne pas avoir à boire dans l'un des endroits les plus chauds du monde (Oups je l'ai dit, pardon... et heu... vous les vagues de froid c'est fini?) ça permet de relativiser un peu sur la qualité du breuvage. Jusqu'ici pas d'explosion gastrique... Amdoulila!
Yala, yala, moi je vais prendre une bonne douche dans notre bonne auberge parce que je suis un peu vermoulu comme dit Marie.

vendredi 6 février 2009

Tanger > Casa

Nous avons donc quitté Tanger (ça fait même un moment mais je vais essayer de faire un petit résumé) par une jolie nuit de pleine lune. Ornella, notre bonne fée Tanjaoui, nous a finalement déposé à la gare où un train attendait pour nous emmener à Casablanca. Nous avions tout misé sur un retard conséquent de l'ONCF pour nous assurer une nuit de sommeil correcte mais, pas de bol, à 4h tapante, le train entre en gare et nous y échouons avec comme seule envie de vite trouver l'hotel qu'on espérait économiser.

L'énorme grasse mat' du lendemain nous met aussi très en retard dans notre quète de visas Mauritanien mais, après s'être démenés, nous arrivons tout de même devant l'ambassade de la République Islamique de Mauritanie. Et là, stupeur! En lieu et place de l'ambassade se dresse une espèce de ruine qui n'a rien à envier à un hôpital pour enfant de Ghaza. On nous apprend rapidemant qu'elle a déménagée à Rabat depuis plus de deux ans, du coup nos visas nous parraissent beaucoup mois indispensables et nous profitons de la fin de journée pour visiter l'église du Sacrée Coeur. Un petit bakchich nous permet de grimper dans un clocher de ce bâtiment en pure style art déco et d'y admirer le soleil couchant sur cette ville-monde qui pourrait couvrir tout l'horizon si l'océan ne venait pas la contenir un peu.


Vues de l'Eglise du Sacré Coeur

Mais déjà nous repartons dans les rues animées de la médina pour finir la soirée et fumer une chicha au Pip Pip bar. Casa nous apparait comme un autre Maroc. L'ambiance y est plus décomplexée qu'à Tanger, il y a des filles dans les bars, on peut boire une bière en terrasse et on a même vu plein de couples se tenir par la main!

Le lendemain, nous nous émerveillons devant les nombreuses façades art déco, néo Mauresque et néo classique qui pullulent dans le centre, puis nous allons voir les derniers rayons de soleil sur le minaret de la gigantesque et hi-tech mosquée Hassan II, avant de jouer les enquêteurs du Guide du Routard pour obtenir une visite guidée du Café Maure, niché dans un ancien fort portugais surveillant la mer.

Facade près de notre hôtel

Le phare

Mosquée Hassan II

Mais déjà la route nous rappelait vers le sud, toujours plus au sud... Mais ça c'est une autre histoire!