lundi 23 février 2009

Livre 1: Saint Luc, Saint Jan et Saint Eric au Désert




Le 1er jour, Dieu, plein de bonne volonté, créa l'oeuf...euh... non,
alluma la Lumière et se mit au boulot!






Au commencement il y eût le désert et la piste avec nos compagnons belges Jan, Eric et Luc. Trois joyeux lurons partis pour un road trip en jeep jusqu'à l'antique et légendaire cité de Tombouctou.



St Eric, St Luc et St Jan.
Orange Team Spirit.





Trois jours et trois nuits dans l'immensité et le silence (sauf quand il faut faire marcher le 4x4!): à contempler un paysage toujours changeant, où les déserts de pierres noires (basalte, restes d'activité volcanique) succèdent aux dunes blanches ou orangées,



spéciale dédicace à missié météo,
il est ti pas beau c'nuage, sakaoulé!





On est peu d'chose comme dirait mon "vénérable" père!


à se sentir minuscule, aussi infime que ces milliards de grains de sable qui s'infiltrent partout et vous collent à la peau, aussi fragile que les maigres plantes qui poussent ici comme un miracle, et pourtant bien là, bien ancré, une partie de ce tout. Ici on a la sensation étrange d'être à sa place, d'être non pas réduit, mais recentré sur l'essentiel. Pas étonnant que certains ermites soient partis au désert pour que leur soient révélés les secrets de ce monde et de l'autre s'il en est un! Il est à la fois un rappel des limites physiques par sa dureté et son immensité et en même temps une invitation à les dépasser, les transcender , une porte ouverte sur une quête intérieure (qu'on la dise mystique, spirituelle ou quoi que ce soit d'autre) rendue possible et magnifiée par une écrasante et reposante impression de solitude. Les mots viennent rapidement à manquer dans le désert parce qu'ils deviennent inutiles ou trop étroits, vous devenez sensations physiques, celle de la chaleur, de la route tantôt douce tantôt dure, de la soif, de la poussière, et puis votre esprit divague, sans qu'il soit même possible parfois de dire où il s'est enfui!




traces de vie...


...!





Les rencontres prennent des allures de mirages: les rapaces qui apparaissent et s'en vont on ne sait où, le bédouin sur son chameau, au port altier et au visage énigmatique sous les voiles, saluant, sans ralentir ni presser le pas.







La réalité fait aussi brutalement son retour lors des contrôles de douanes, présence régulière de l'armée, de la police, d'hommes armés...et puis les arrêts rapides dans les villages ou les campements nomades, où les évangélistes belges distribuent vêtements, crayons, peluches, lunettes à des petites hordes d'enfants et de femmes qui répètent en leitmotiv: cadeau, cadeau, cadeau..., en regrettant que le Paris-Dakar ait dénaturé le rapport avec les populations locales... Complexité et contradictions des êtres humains!



Petite fille nomade




Le tableau ne serait pas complet si je ne vous parlais pas de nos bivouacs épiques, à boire vin, wisky et pastis dans des verres à pied ( nos compagnons belges sont gens prévoyants et sachant vivre!) pour alléger les jeeps ( certes le plein était plus efficace!), à déguster de savoureuses crêpes concoctées par Luc et à s'endormir tranquillement sous un ciel étoilé comme un planétarium, après une bonne soirée blagues ( Eric est champion en la matière, je vous en promets quelques unes bien gratinées à notre retour, car je ne peux décemment pas les écrire sur ce blog...)!





Au bout de quelques jours d'internet pour pondre ce p... de poste, Dieu fut fatiguée et décida de déconnecter.
Elle éteignît la Lumière!





2 commentaires:

PaPoU a dit…

Enfermé entre les 4 murs d'un bureau décidément bien trop étroit, tu me fais partir loin et me donnes presque l'impression de pouvoir imaginer un petit millième de ce que vous pouvez voir et vivre...
On the road again!!!

Famille a dit…

Vos photographies sont superbes! Vous avez une nouvelle lectrice assidue donc, je m'y mets dès que j'ai un moment.
Bisous,
Sandrine